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A l'international

Serbie

Apporter un accès aux traitements de substitution aux usagers de drogues

Après des années de négociations auprès des autorités locales, le centre de traitement de substitution Savski Venac, soutenu par MdM, a ouvert ses portes à Belgrade en octobre 2009 afin de développer le projet Méthadone. Ce projet pilote, le premier à être rattaché à un centre de soins de santé primaires, a permis d’améliorer sensiblement l’accès des usagers de drogues à des traitements et à des services adaptés.

RENCONTRE : Interview avec Sasa Markovic, infirmier, ancien travailleur de rue, aujourd’hui directeur de Veza

Veza est née en mai 2005 et a été créée par l’équipe locale de Médecins du Monde, afin d’être en capacité de reprendre le programme d’échange de seringues mis en place depuis l’été 2002 à Belgrade.

Depuis quand l’association Veza existe-t-elle ? Quelle est son histoire en Serbie ?

Veza est née en mai 2005 et a été créée par l’équipe locale de Médecins du Monde, afin d’être en capacité de reprendre le programme d’échange de seringues mis en place depuis l’été 2002 à Belgrade. La plupart d’entre nous sont présents sur le programme depuis le début, nous nous sommes donc familiarisés ensemble à la Réduction des Risques. Nous avons construit le projet associatif de Veza pas à pas, car aucun d’entre nous n’était vraiment habitué au fonctionnement d’une ONG.
Veza intervient dans un champ d’activités très nouveau en Serbie, et nous avons la chance de bénéficier de l’image de Médecins du Monde en tant qu’ancien opérateur : les institutions, les autres ONGs, locales ou internationales, nous font confiance et reconnaissent notre compétence unique en Serbie.

Quel est le champ d’intervention de votre association ?

Veza intervient auprès des usagers de drogue, c’est à la fois très novateur et très spécifique. Nous sommes en contact avec une frange de la population que personne ne connaît ou ne veut connaître. Soignants et autres ONGs sont très éloignés de ce public et ne souhaitent pas vraiment s’en approcher. Il nous faut donc avancer par étapes, proposer des formations, des rencontres, afin de dédramatiser et essayer de destigmatiser l’usage de drogues.

Quelles sont vos activités actuelles ?

Nous avons une unité mobile qui se rend dans différents endroits de la ville six jours par semaine, généralement en soirée. Et nous avons un lieu fixe de type boutique (ou drop-in) ou nous recevons les usagers cinq jours par semaine de 12h00 à 20h00. Nous faisons de l’échange de matériel stérile, nous informons les usagers sur les pratiques à moindre risque et nous proposons des soins infirmiers au sein du lieu fixe. Depuis environ un an, en partenariat avec un centre de soins, nous organisons des temps de dépistage VIH et hépatites B et C au drop-in, plusieurs fois par mois.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Nous espérons maintenir la confiance établie aujourd’hui avec les usagers ! Nous souhaitons aussi proposer plus de services, notamment de type soutien psychologique, et auprès des usagers issus de la communauté Rom que nous voyons en grand nombre sur le programme, et enfin s’assurer que les usagers de drogues bénéficient véritablement d’un accès aux soins comme tout autre citoyen serbe. Nous espérons que les traitements de substitution vont se généraliser et permettre ainsi à bon nombre de personnes de se stabiliser et de retrouver une vie sociale.

Et pour finir, que représente Veza pour vous ?

Ce programme a pour moi été une grande découverte : j’ai appris qu’il y avait d’autres façons d’aider les gens, à savoir par la pratique de la Réduction des Risques. J’ai aussi rencontré beaucoup de personnes qui pensent « autrement » et qui veulent aider les autres, et cela m’a beaucoup enrichi personnellement. Et de manière générale, Veza est pour moi un outil pour faire changer la société. Ce n’est pas seulement un programme d’échange de seringues, mais une manière de faire changer les mentalités, et donc la société toute entière.

Novembre 2006

ACCÈS AUX TRAITEMENTS DE SUBSTITUTION

Belgrade - programme long terme

LES ACTIVITÉS

À sa création, le centre Savski Venac a fait l’effet d’une petite révolution au sein du système de santé serbe. Intégrées dans un centre de soins de santé primaires, les équipes de MdM ont pu établir, en étroite collaboration avec le personnel du centre, une approche à la fois innovante, avec des services médicaux et psychosociaux, et respectueuse des usagers de drogues, jusqu’alors extrêmement stigmatisés. Au-delà du travail de sensibilisation effectué auprès des professionnels de santé, un large réseau de contacts a été établi, afin d’assurer la continuité des soins en dehors du centre. Les équipes de Savski Venac ont également soutenu techniquement la mise en place des nouveaux centres de substitution financés par le Fonds mondial de lutte contre le sida en 2010.

LES RÉSULTATS

120 patients ont bénéficié d’un suivi adapté (taux de rétention de 95 %), plus de 100 patients inscrits sur liste d’attente.

LES PERSPECTIVES

La gestion du centre Savski Venac, aujourd’hui partiellement autonome, sera intégralement transférée aux autorités locales à la fin 2011. Cette dernière année doit donc préparer le désengagement, par l’organisation de formations spécialisées et le transfert des activités quotidiennes.

  Espérance de vie : 74,4 ans
IDH : 0.735 ; rang : 60/169 *
Population
Bénéficiaire : 120
Cible : 2 500
Personnel
National : 4
International : 1
Responsables :
Mission : Patrick Gassmann
Terrain : Julien Collette
Siège : Violaine Gagnet

Sources de financement : MdM

Budget 2010 : 130 154 €.

Mai 2011

* Source : Pnud 2010

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