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Pakistan - Enquête sur l'accès aux soins dans les districts de Swabi et Buner
| En mai 2009, le gouvernement pakistanais lançait une opération militaire contre les Talibans dans la vallée de Swat et ses alentours. De nombreuses personnes contraintes de fuir la zone ont été accueillies dans des camps de réfugiés et dans des familles d’accueil, souvent des proches. Médecins du Monde ouvre alors un programme de soutien aux populations déplacées hors des camps, ainsi qu’aux familles d’accueil dans la province du Khyber Paktunkhwa (KPK). Un programme complet comprenant un volet de soins de santé primaires, de santé materno-infantile, de nutrition et de vaccination. Un an après, une enquête sur l’accès aux soins a été menée, de juillet à août 2010, à l’initiative de MdM dans le cadre de sa stratégie de sortie / désengagement / fermeture / passation. Cette analyse a pour but d’étudier l’évolution de l’accès aux soins dans les districts de Swabi et Buner un an après la crise. |
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SYNTHESE Enquête Pakistan |
Enquête Pakistan |
| Interview d'Adeline Laulanié - auteur de l'enquête |
> Accès aux soins
1/3 des patients attendent au moins trois jours avant d’aller voir un professionnel de santé.
49% des personnes interrogées dans le district de Swabi vont directement dans un centre de santé alors que 12% des personnes interrogées dans le district de Buner attendent plus d’une semaine.
> Des structures difficiles d’accès autant géographiquement que financièrement
* 52% des personnes interrogées déclarent que la principale contrainte à l’accès aux soins est de nature financière.
Les familles habitant les districts de Swabi et Buner sont souvent extrêmement pauvres. En moyenne, le salaire mensuel d’un foyer (composé d’environ onze personnes) est de 30 euros.
En théorie, les soins sont gratuits dans les structures de santé publique, mais le coût des transports pour s’y rendre, loin d’être négligeable, pèse entièrement et lourdement sur les malades et leurs familles. Il leur faut souvent plusieurs jours pour rassembler l’argent qui va leur permettre d’accéder aux soins.
* 31 % des enfants ne sont pas entièrement vaccinés car le centre de soins est trop loin.
Les contraintes géographiques à l’accès aux soins sont plus importantes dans le
district de Buner que dans le district de Swabi. Dans certains villages, il n’y a aucune voiture disponible pendant la journée, obligeant les personnes à attendre jusqu’au soir pour pouvoir se rendre dans un centre de santé. En cas d’accouchements et de maladies graves, cette contrainte peut avoir des conséquences extrêmement sérieuses.
> Des soins materno-infantile quasiment inexistants
Faire le déplacement vers une structure de santé pour une visite de contrôle anténatale sera souvent perçu comme une perte de temps et d’argent si la femme enceinte ne présente aucun symptôme.
* 73% des femmes ne font pas d’examens post-accouchement. Les visites de contrôle post-natales s’avèrent presque aussi rares que les visites anténatales. Un facteur supplémentaire influence considérablement cette tendance : la tradition selon laquelle les femmes ne doivent ni sortir de chez elles pendant quarante jours, ni se laver après l’accouchement est respectée par 90% de la population toutes catégories sociales confondues.
Un accouchement sur deux n’est pas assisté par une personne médicale. Les personnes vivent dans des endroits éloignés. Généralement, les chefs de famille pauvres ne font pas appel à une personne qualifiée et font accoucher leur femme à la maison.
La contrainte financière est la première raison pour laquelle les femmes accouchent sans l’assistance d’une personne qualifiée.
- Coût d’un accouchement dans une structure de santé = 6000rs (soit 50 euros)
- Coût d’un accouchement à domicile avec une personne qualifiée = 1500rs (soit 12 euros)
- Coût d’un accouchement assisté par des amis ou des proches = moins de 200rs (soit moins de 2 euros)
*La moitié des femmes enceintes ne sont pas vaccinées contre le tétanos car elles n’ont pas connaissance des bénéfices apportés par le vaccin.
mars 2011
